Avec Gwendolyne à Audrieu
Le 19 août 2009
Franchissant la grille rouillée
Qui grince et grince
Tandis que le ciel - insatiable artiste -
Exprime les variations de l'ombre et du soleil
Nous traversons les voies de fer et de traverses
De la laconique halte
Des trains machiavéliques
*
Face à l'horizon d'où accourt la nuit
Nous attendons
- Ainsi que dans une cour d'orphelinat -
Tendant l'oreille vers la mer
- Ou dans sa direction –
Espérant ou craignant telle une foudre de fonte
La machine dont le c½ur cogne et souffle
Prodigieux fantôme grave et sinistre
-Accourant de l'espace –
*
Bondissant du ponant
Brutal sifflant tonitruant
Le Moloch jaillit
Passant si près si près de nous
Immense vacarme de cataracte
Phénoménal vent de tourmente
Montrant et égrenant
Dans les photogrammes des fenêtres
- Ainsi qu'un film extravagant -
Des visages distants et ordinaires
Dépourvus d'identités
Chronique de destinées décadentes
Telles celles des wassingues usagées
- Invraisemblables en sorte –
*
Le Moloch passa mourut
Sans se figer là
Laissant dans son sillage
Comme une effluence d'effroi et de connivence
Et dix sous de joie
C.A.




