Dix sous de joie

Dix sous de joie
En regardant passer le train
Avec Gwendolyne à Audrieu
Le 19 août 2009











Franchissant la grille rouillée
Qui grince et grince
Tandis que le ciel - insatiable artiste -
Exprime les variations de l'ombre et du soleil
Nous traversons les voies de fer et de traverses
De la laconique halte
Des trains machiavéliques


*


Face à l'horizon d'où accourt la nuit
Nous attendons
- Ainsi que dans une cour d'orphelinat -
Tendant l'oreille vers la mer
- Ou dans sa direction –
Espérant ou craignant telle une foudre de fonte
La machine dont le c½ur cogne et souffle
Prodigieux fantôme grave et sinistre
-Accourant de l'espace –


*







Bondissant du ponant
Brutal sifflant tonitruant
Le Moloch jaillit
Passant si près si près de nous
Immense vacarme de cataracte
Phénoménal vent de tourmente
Montrant et égrenant
Dans les photogrammes des fenêtres
- Ainsi qu'un film extravagant -
Des visages distants et ordinaires
Dépourvus d'identités
Chronique de destinées décadentes
Telles celles des wassingues usagées
- Invraisemblables en sorte –


*


Le Moloch passa mourut
Sans se figer là
Laissant dans son sillage
Comme une effluence d'effroi et de connivence
Et dix sous de joie




C.A.

# Posté le dimanche 23 août 2009 17:43

Le monstre inassouvi

Le monstre inassouvi
Le monstre inassouvi




Combat hurlant une atroce solitude
Mystérieux souffle ricochant sur l'étang
Ou planant ou planant
Le long du Cimetière
Des Yéniches campent près des orties blanches

((leurs chevelures folles touchent le vent
Ô liberté liberté gouffre étrange
Gloire d'une enfance ressurgie comme un spasme))

- Feuillages rutilants allées parallèles
Figures tombales dalles en cascades
Jardins inhospitaliers spongieux comme des fièvres
Fougères arborescentes jaillies de souches creuses –
Crypte caveau sépulcre nécropole
D'un héraldique tombeau pâle comme neige
S'écoule épais un vomi marmoréen
Quelque fièvre familière luxe d'agonie
Destinée d'hôpital aux tragiques mansardes
Morgues ultérieures entrouvertes occultes
Schizophrénie d'Héloïse dans les plis du rideau
Misère misère abstraite et hibernante
Misère morte nécrosante informe
Blanche et suintante comme une vieille lampe
Ô Vie ô ma Vie simple rumeur de pluie
Légère comme nymphéa fine comme roseau
Dans le rayon de la ténébreuse lucarne
Pitoyable destinée à contrejour je suis
Silhouette floue dans l'agonisante embrasure
Délaissé abandonné aux incessants rêves
D'un enfant mort de n'être jamais né




C.A.

# Posté le dimanche 23 août 2009 17:30

Projet mail art

Projet mail art
PROJET MAIL ART
Thème : LA VIOLENCE ENVERS LES FEMMES
Exposition des ½uvres
Du 21 au 25 novembre 2009 à BRESCIA
Diffusion sur les sites web :
www.staffettaudi.org
et
www.rivistamadre.it
Format 12 x 17 cm
Techniques libres
Date limite : 15 octobre 2009
Envoyez vos travaux à :
REVISTA MADRE
Viale Stazione, 63
25122 BRESCIA
ITALIE

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# Posté le mardi 11 août 2009 07:43

Le hussard

Le hussard
Je suis ce hussard soupçonneux
Ce reitre d'autrefois
Ce condottière sans temps et sans prince
Ce forban des espaces lointains
Á l' haleine de jus de chique
Ce bretteur toujours la main sur le sabre
Ce violeur d' ancêtres édentées
Ou de putains chastes
Ce rôdeur de bas-quartiers
Á ne pas fréquenter
J' offrirai cependant cette nuit de fortune
Á ma belle écuyère éblouie ruisselante
En rentrant mes serres ravalant mes crachats
Lui offrirai enfin comme pont de tendresse
Entre deux mirages d'antan
Mon épaule banale
Comme auberge ce soir





Long KRISS

# Posté le lundi 10 août 2009 15:14

L'esseulé

L'esseulé
Tel un amas d' immondices
Choyé par la lune
Je suis mais léger
Proche de la chevêche
Respirée par le ciel

Ainsi qu' un tas de poussier
Délaissé à la bordure
D'une cité inaccessible
La nuit aussi
Je suis esseulé
Comme le vieux choucas
Enchainé à l'oubliette
Et qu'effrayent
L'obscurcissement et la monotonie
J'ai peur
Je connais les terreurs
Celle de ta tendresse
Celle de mes enfers aussi


Zagamore Gomez

# Posté le lundi 10 août 2009 15:11

Modifié le lundi 10 août 2009 15:23